On parle beaucoup des terreurs nocturnes, des vilains cauchemars qui les font se réveiller à 3h du mat', toute sirène hurlante, mais on parle un peu moins de la galère de l'endormissement.
Un soir comme les autres, après une petite histoire, nous avons mis Chouquette au lit, sans oublier un gros bisous pour elle, un p'tit bisou pour doudou, un autre pour lapin, un autre pour bonhomme et encore un autre pour Winnie (ouai tout ça ouai)... On lui met ses petites étoiles au plafond et on sort de la chambre avec des "bonne nuit", des "à demain mon coeur" et des bisous qui s'envolent. Une fois la porte fermée c'est la fiesta, la soirée en amoureux peut commencer, on peut se lâcher sur les "merle" et les "lutin", manger des trucs pas équilibrés, boire du coca et mater un film ou ce bon vieux T'choupi n'a pas le rôle principal. Bref à 20h30 grand max on laisse notre vie de parent entre parenthèses et la vie de couple reprend, sauf que...
Ce soir là elle s'est mise à hurler, fort, très très très très fort. Moi j'ai pensé grosse molaire, fièvre, mal de bidou... Comme c'est pas la moitié d'une chochotte notre Chouquette et qu'on ne l'avait jamais entendu pleurer de cette façon, j'ai cru qu'elle souffrait, vraiment. Dans le doute j'ai dégainé le dolip' en penchant pour le scénario de la quenotte qui nous pourrirait une nuit ou deux.
Mouhahahaha! c'te bonne blague, ça n'a pas duré une nuit ou deux, non, ça a duré deux bonnes longues semaines! Du coup j'ai lâché l'hypothèse des chicots douloureux et j'ai penché pour des cris de terreurs. Parce qu'elle ne chouinait pas, ne réclamait pas papa ou maman, non, elle hurlait de peur, les yeux complètement exorbités, la frange trempée de sueur. On a essayé de parler avec elle pour savoir ce qui lui filait cette frousse... elle n'a pas su nous montrer ou nous lâcher un seul mot qui aurait pu nous mettre sur une piste pour la rassurer. On a résisté quelque fois à la sortir de son lit, à la relever, à la prendre quelques minutes avec nous, mais pas assez souvent. Que veux-tu? ça nous fendait le coeur alors on a tenté par tous les moyens de la réconforter.
Lire la peur dans les yeux de son bébé c'est un peu déstabilisant. Pourtant elle a une veilleuse, pourtant nous n'avions rien changé au rituel du coucher, pourtant elle nous entend discuter du salon depuis sa chambre (la casa Epicétout n'est pas ce que l'on pourrait définir par le mot "château"). On était complètement paumés, impuissants et au bord de la crise de nerfs, parce qu'un bébé qui hurle un soir jusqu'à 1h du mat' et qui tombe de fatigue passe encore, mais un bébé qui hurle tous les soirs jusqu'à pas d'heure
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| t'as vu comment je m'éclate à te faire des illustrations de ouf! |
Le diagnostic est rapidement tombé: Chouquette a grandit et l'âge des peurs est arrivé! Ma petite casse-cou, qui, jusque là, craignait juste la rupture de p'tit suisses dans le frigo, commençait à prendre conscience du monde qui l'entourait et de ses dangers. Nos oreilles et notre patience allaient souffrir, il allait nous falloir du courage, un solide répertoire de comptines et du café, énooooooormément de café (pour les lendemains difficiles, oeufs corses).
Bon, on en a chié et on en chie encore un peu, mais si tu es dans la même situation que nous (et comme je ne suis pas qu'une connasse), je vais te donner quelques conseils donnés par la pédiatre de Chouquette (mais j'te ferai pas son accent de l'Est, je sais pas faire):
- Avoir un rituel du coucher über précis (ça on avait déjà... plus ou moins précis il est vrai)
- Proposer une armée de doudous pour que sa majesté puisse faire un choix (ça aussi on avait)
- Proposer une veilleuse (Bonhomme Pabobo au rapport!)
- Ne pas autoriser le chocolat avant d'aller dormir (#Fail j'avoue que le stock de Pâques a augmenté la conso quotidienne de chocolat de la Chouquette)
- Eloigner le bébé des écrans avant d'aller le pieuter (#ReFail c'est l'heure ou la télé tourne sur les infos, la météo, les news sportives et ou l'Homme se fait un duplex des résultats des derniers match avec sa tablette)
- Proposer une activité calme à base de papouilles et de lecture d'histoire(s) (Chouquette ne kiffe pas trop la papouille, elle est plutôt du genre bisou express mais les histoires, si elles sont très courtes et bien amenées, sont un moyen de canaliser son énergie débordante pendant au moins 2 minutes 30)
Et quand on a fait tout ça, on fait quoi? On fait une offrande à Morphée? (cette biatch si je la trouve) On essaie de pécho le 06 du Marchand de sable? (faut déjà trouver dans quel nuage il crèche celui-là) On sacrifie le soleil? (ah ben non ça a déjà été fait ça apparemment)
Si c'est la grosse dèche, mon ami parent, sache qu'il y a l'homéopathie. Ici la pédiatre nous a conseillé Stramonium et Argentum nitricum
On a quand même modifié quelque peu le rituel du dodo en lisant l'histoire DANS le lit et en lui laissant toujours un livre à feuilleter à la lueur de sa loupiote. Elle a eu la lubie du livre doudou, maintenant elle change de livre tous les soirs... On a arrêté de lui mettre ses précieuses étoiles au plafond, après que sa majesté ai exprimé un superbe "non, pas tétoiles!" et a sa demande on a réinstallé le jeu de lumière de Winnie. Alors je sais que les jeux musicaux qui leur pulsent des lumières multicolores en pleine face ne sont pas propices à l'endormissement, mais si ça la rassure, ma foi, je m'en tape le coquillard! Elle s'endort toujours assez tard mais au moins sans cris et sans pleurs et à la casa Epicétout tout est devenu beaucoup plus zen. Et le doux temps béni de mes manucures tardives devant mes séries TV chouchous est revenu.
Parent, notre santé mentale dépend beaucoup du sommeil de nos enfants, alors si ton chiard te réclame de faire trois fois le tour de son lit, à cloche pied, avec des oreilles de Mickey sur la tête et en chantant tirelipimpom-sur-le-chihuahua pour pouvoir fermer les yeux tranquillou, fais-le!
La dignité on s'en fout, ça c'est pour les gens qui n'ont pas de cernes et une ouïe intacte.













